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Tour du monde de Mélanie et Florent

Les Moaï de la mystérieuse île de Pâques

Les Moaï de la mystérieuse île de Pâques

L’île de Pâques est une île volcanique chilienne qui compte 118 dômes volcaniques, aujourd’hui inactifs et dont la dernière éruption remonterait à 11 000 ans. L’île fait partie de la Polynésie tout comme Tahiti, Hawaï, les îles Cook, etc. On y retrouve d’ailleurs l’utilisation de mots polynésiens appris à Tahiti : bonjour se dit « Iorana » et merci « Mauruuru ». Au recensement de 2012, l’île comptait 5806 habitants pour une superficie de 164 km².

 Isolée à plus de 2000 km de la première île habitée (Pitcairn), elle est la seule de Polynésie à avoir des Moaï sur son territoire : ces célèbres statues de basalte monumentales sculptées et érigées tout autour de l’île. A ce jour il reste beaucoup de zones d’ombres sur les techniques employées pour transporter et ériger ces géants, leurs significations précises (en dehors du culte des ancêtres) et les raisons du déclin de cette pratique car les rares écrits n’ont à ce jour pas encore été déchiffrés. L’île regorge de secrets, ce qui la rend mystérieuse et donc très intéressante à parcourir car chacun peut imaginer sa propre théorie.

Les statues de l’île de Pâques sont uniques : contrairement aux statues polynésiennes appelées « Tiki », elles ne représentent pas des dieux mais des hommes, probablement des hauts dignitaires de la société de l’époque (rois, prêtres…).

L »île de Pacques fut visitée pour la première fois par un européen, le navigateur néerlandais Jakob Roggeveen, le jour de Pâques le 5 avril 1722 et comptait alors près de 4 000 habitants. Elle fut annexée par l’Espagne en 1770 sous le nom d’isla San Carlos, mais l’Espagne s’en désintéressa par la suite ; des Français s’y installèrent après 1864 mais l’île devint finalement une possession chilienne en 1888.

A l’époque l’île ne présentait pas grand intérêt si ce n’est  un point stratégique chilien pour la guerre du pacifique : l’ile était quasiment déserte, les Moaï étaient tous tombés suite à différents événements comme les tsunamis ou des conflits.

L’île est aujourd’hui desservie par une unique compagnie aérienne (Lan), quotidiennement depuis Santiago et hebdomadairement depuis Tahiti. En 1955, seulement 1 bateau par an permettait l’accès sur l’île. Le tourisme avec plus de 70 000 visiteurs par an est devenu la principale source de revenus de l’île.

À l’arrivée à l’aéroport, il est possible d’acheter le « pass » d’accès aux sites de Rano Raraku (la carrière où ont été sculptés la majorité des Moaï) et Orongo (village cérémoniel situé au bord de la falaise du volcan Rano Kau), le tout avec 20 % de réduction à condition d’avoir suffisamment de dollars en liquide avant le passage aux douanes. Ce n’était pas notre cas donc nous avons dû payer 30000 pesos chiliens chacun soit quand même 50 euros.

Le premier jour nous avons opté pour une visite guidée de l’ile avec Christophe, un français qui après s’être expatrié en Polynésie, est venu vivre sur cette île qui le fascine. Les deux jours suivants, nous avons randonné sur les sites proches du village principal de l’île : Hanga Roa. Le musée était malheureusement fermé lors de notre séjour.

La visite guidée a débuté par la plage Anakena, la première plage colonisée par le roi de Polynésie Hotu’a Matu’a entre 600 et 1000 (avant JC) et son armée arrivés sur des catamarans pouvant contenir  jusqu’à 100 personnes.

Plage de XX

Plage de Anakena

En chemin nous nous sommes arrêtés dans une pente, notre guide a coupé le moteur et la voiture s’est mise à monter. Il nous a expliqué que c’était la résultante d’un fort magnétisme à cet endroit, mais il pourrait aussi bien s’agir d’un effet d’optique.

L’île compte environ 900 Moaï dont 400 dans la seule carrière de Rano Raraku. Certains sont terminés et dressés au pied de la pente et d’autres sont inachevés à différentes étapes, de l’ébauche à la finition.

Les Moaï étaient taillés directement dans la roche puis descendus au pied du volcan pour les finitions. Les polynésiens utilisaient des outils en basalte et mouillaient la roche pour la ramollir avant de commencer à tailler. La plupart sont à demi enterrés, avec une partie sous le sol souvent plus grande que la partie visible.

Photo d'un Moaï déterré

Photo d’un Moaï déterré

Une centaine de Moaï sont debout sur des plateformes cérémoniales situées en différents endroits de l’île. Une dernière partie de ces statues sont abandonnées en chemin entre la carrière et les plateformes, comme si un événement soudain avait mis fin à ce chantier titanesque.

Parmi ces 900 statues, seules 53 portent un Pu Kao, sorte de chapeau qui représente selon sa forme plusieurs types de coiffures :

  • le cône représente un chapeau de plumes,
  • le chignon représente la coiffure des polynésiens avec de longs cheveux attachés,
  • le bandana traditionnellement confectionné avec une sorte de papyrus.
Moaï et leurs Pu Kao

Moaï et leurs Pu Kao

Carrière des Pu Kao

Carrière des Pu Kao de Puna Pau

Les Pu Kao étaient fabriqués de forme circulaire puis roulés jusqu’à leur lieu d’exhibitions où ils étaient taillés à leur forme finale. Ces coiffes pèsent entre 9 et 12 tonnes et proviennent de la carrière de Puna Pau (choisie pour sa pierre de couleur rouge), située à 12 km de Tongariki, la plus grande plateforme de l’île où se dressent 15 imposantes statues.

Les Moaï sont de différentes tailles, les premiers que nous avons vus font entre 4 et 5 m et pèsent entre 20 et 30 tonnes. Le plus grand Moaï érigé sur l’ile fait 13 m de haut, mais le plus grand de tous les Moaï est encore couché dans la carrière : il fait 21 m de long et pèse environ 270 tonnes ! Il est probable qu’il n’aurait jamais pu être transporté.

Le plus grand de tous les Moaï

Le plus grand de tous les Moaï allongé à droite

La plupart des Moais érigés, pour une raison obscure, tournent le dos à la mer excepté les 7 Moaï du site de Ahu A Kivi.

Plateforme de

Plateforme de Ahu A Kivi

La plateforme de Tongariki mesure 250 m de large et est construite sur 3 niveaux :

  • Niveau 1 : plateforme où se déroulaient les festivités,
  • Niveau 2 : pente où l’on disséminait les ossements ou les corps des dignitaires lorsqu’il n’y avait plus de bois pour les incinérer, sachant qu’il faut 140kg de bois pour brûler un corps,
  • Niveau 3 : espace plat le plus haut où sont positionnées les statues.

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Le plus grand Moaï de Tongariki mesure quand même 9m et pèse environ 70 tonnes.

Il faut savoir que ces Moais n’étaient pas debout l’arrivée des européens, mais couchés parfois à plusieurs dizaines de mètres. C’est lors de la restauration qu’ils ont été repositionnés sur leur plateforme.

D’après les historiens,  seuls les Moaï debout, et érigés sur des plateformes avaient des yeux (fabriqué avec du corail  et de la pierre) car la forme de la cavité de leurs yeux est différente. Les yeux sont un symbole de vie ou d’énergie appelée mana par les polynésiens. Cette cavité était donc taillée au dernier moment lorsque le Moaï était en place sur la plateforme, pour lui donner vie.

Moaï sans les yeux

Moaï sans les yeux

L’autre particularité de l’île, ce sont les pétroglyphes (gravures sur des pierres de l’île ou même parfois sur des Moaï directement). Ces gravures représentent différents symboles comme des tortues, le vent, le soleil, l’arc en ciel, des bateaux, des hameçons… et sont souvent aussi reliés avec l’astronomie et notamment les solstices d’été ou d’hiver. En effet ces deux moments de l’année marquent dans la culture polynésienne des périodes importantes pour la culture ou la pêche. La signification précise des pétroglyphes est encore inconnue elle aussi.

Sur l’île se trouvent en effet de nombreuses grottes ou cavités qui servaient de refuges ou de sources d’eau potables, nous avons eu l’occasion d’en visiter quelques-unes lors d’une journée de marche de long de la côte Ouest de l’île. Dans certaines, on retrouve aussi des pétroglyphes peints. Les polynésiens utilisaient pour fabriquer la peinture un mélange de jus de canne à sucre et de la terre de couleur rouge principalement. Cependant à partir des matériaux de l’île il était possible de faire également du jaune, du noir et du blanc.

Il est très agréable de se promener à pied sur l’île car elle offre des paysages magnifiques et on y rencontre assez peu de monde : en une journée de marche nous avons croisé deux autres touristes. Cependant le temps ne s’y prête pas toujours car elle est souvent balayée par des vents assez violents et il y pleut régulièrement: cela participe à la sensation d’être isolé de tout en plein milieu de l’océan.

Certaines thèses sur l’effondrement de la société ont été formulées, parmi lesquelles le fait que dans les années 1500 à 1600, l’île connut une crise environnementale due à :

  • la déforestation (érosion des sols, sous-alimentation, famine, pénurie de bois et de cordes, guerres civiles)
  • une période de sécheresse, qui aurait poussé les habitants à implorer les dieux et à construire avec frénésie des Moai de plus en plus grands.
  • une prolifération des rats introduits par les Polynésiens, qui auraient mangé les noix de coco avant qu’elles ne puissent germer, contribuant ainsi à la disparition des palmiers. Les rats, en s’attaquant aux nids pour manger les œufs et les oisillons, auraient également contribué à l’extinction de la ressource en oiseaux

Ce qui s’est passé a en tout cas abouti à une crise sociale, avec probablement des luttes tribales si l’on en croit les traditions orales.

Cette crise a mis un terme à la construction des statues et des plateformes cérémonielles, c’est alors que le culte de Make-make prit de l’importance. Les autochtones en étaient là lorsque les maladies importées par des nouveaux venus (Européens) et les déportations (l’esclavage pratiqué par les Péruviens) réduisirent à 111 personnes la population de l’île en 1877, alors que l’île a compté plusieurs milliers d’habitants dans sa période faste (jusqu’à 20000 selon les théories les plus optimistes).

C’est en allant sur le site d’Orongo que nous en avons appris davantage sur le culte de Maké-Maké (du nom du dieu principal des habitants de l’île). En chemin, nous sommes tombés sur le magnifique cratère Rano Kau, impressionnant car juste au bord de la mer et doté de superbes couleurs. Pour nous, un des plus beaux paysages de l’île.

 

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Le culte du Maké-Maké est symbolisé par le « sterne à ventre noir » (oiseau communément appelé l’hirondelle de mer). Chaque année, à l’arrivée de cet oiseau migrateur connu sous le nom indigène de « manutara » ou « mahoké », des hommes représentants chaque clan venaient s’affronter au large l’île Motu Nui dans une course dont le but était de rapporter l’un de ses œufs, symbole de la création du genre humain. Un village a été érigé en pierre de laves sur les hauteurs de la falaise, qui n’était habité que quelques semaines par an pour ces festivités.

Les hommes devaient donc descendre la falaise, nager jusqu’à l’îlot sur des planches de roseaux, et attendre parfois plusieurs semaines que l’un d’eux trouve un œuf et le rapporte. Ils s’abritaient en général dans des grottes en attendant. Celui qui revenait en premier avec un œuf était alors considéré comme « l’homme-oiseau », l’incarnation du dieu Maké-Maké et était responsable de la répartition des ressources entre les clans.

La catastrophe démographique et culturelle du 19ème siècle a eu pour effet la perte de la plus grande partie de la tradition orale, de sorte que les détails de ce culte ne nous sont connus que partiellement, par les récits des premiers explorateurs et par les réinterprétations récentes des pétroglyphes et des légendes pascuanes.

L’eau était bonne donc nous avons pu en profiter pour nous baigner dans des sortes de piscines nous protégeant des fortes vagues.

Piscine naturelle

Piscine naturelle

Après ces quelques jours sur l’île nous avons repris l’avion pour Santiago du Chili et la découverte de l’Amérique latine.

2 Commentaires

  1. ile enigmatique dans ses paysages et dans son histoire; vous avez du vous regaler!!

    heureusement les maois ne vous ont pas garde et tres bientôt vous pourrez nous raconter la suite en direct
    Ici l’eau est très chaude nous avons aussi un totem en granite au bord du lac qui nous observe…? Bon retour
    Papa et Edith

  2. Ça a l’air canon cette île !
    Profitez bien de vos derniers moments!

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